quand la mémoire explose
besoin d’un mur solide
et d’un grand feu ouvert
qui craque devant lui
dans la nuit irréelle
une odeur de famille
et des yeux dessillés
qui hurlent de tristesse
ce n’est pas leur destin
que de porter ces vies
dans un présent muet
hérissé de voix lâches
rien n’était inaudible
rien n’était sans caution
les silhouettes noires
engrangeaient le mépris
elle habillait de blanc
tous ses enfants petits
craignait pour eux le sort
répétitif des pertes
cette femme effondrée
s’est relevée sans peur
elle a mis sa colère
au service des autres
